Class Actress @ The Echoplex
21 septembre 2011

Los Angeles, le 20 septembre 2011
Chers lecteurs,
Ce matin, j’ai réalisé que vous ne me lisez pas. Peut-être une fois de temps en temps, en diagonale. Cela m’a pris quatre ans pour comprendre que je n’écrivais que pour moi. Dans le langage courant, on me qualifierait de “longue à la détente”. C’est pour cela que je vais rendre l’exercice plus facile pour vous et pour moi.
J’ai appris à l’école que pour communiquer efficacement des informations relatives à la musique, notamment dans le cadre de newsletters, il valait mieux s’en tenir à une liste d’idées brèves et concises. En cinq points, voici les raisons pour lesquelles Class Actress est digne d’être écouter, regardée, racontée.
- Class Actress est le projet d’Elizabeth Harper et rien que cela, c’est tout un programme. Elizabeth a grandi à Los Angeles dans une famille charmante qui lui offrit un poney Sheltand, Sweetie. « Eventually, I traded horses for boys. Probably not the best idea in retrospect » confie-t-elle. Elizabeth affirme détester jouer au chat et à la souris, je la soupçonne de tenter de s’en convaincre. Elle ne comprend rien aux règles sentimentales américaine, point sur lequel je la rejoins parfaitement.
- Elizabeth Harper se plait à citer Bret Easton Ellis lorsqu’il affirme « I never liked anyone and I am affraid of people » ce qui pourrait nous mener à penser que nous avons ici à faire à une sociopathe. Dans ce cas, ne nous le sommes pas tous ? Pourtant, elle a une idée relativement claire de l’objet de son désir : un homme sachant cuisiner, légèrement maniaque et autoritaire, sincère et futé, qui en saurait un rayon sur la mode et le design d’intérieur. En bref et en lisant entre les lignes, Elizabeth cherche un homosexuel macho qui aime les femmes. »
Acting 101 with CLASS ACTRESS from Leah Younesi on Vimeo.
- Parce qu’elle a une imagination débordante et qu’elle aime l’utiliser, Class Actress a appris à jouer la comédie à l’Université. Pour de vrai. « As an actor you have limitless opportunity to do detective work, use your body, your past. So in the end it boils down to the fact that you get to tell the truth. Your truth, just through the guise of a character». Sauf qu’être actrice à Los Angeles, c’est un peu comme être graphiste à Berlin ou être une aiguille dans une bote de foin. Alors Elizabeth a déménagé à New York et s’est lancée dans la musique.
- Qualifiée par Pitchfork de « Petite Madonna de Brooklyn », Class Actress est un condensé d’Elizabeth, théâtral et pop, très introspectif et un peu exhibitionniste. Sur scène, Class Actress endosse son costume de femme fatale et joue avec les codes traditionnels du vêtement masculin. Marlène Dietrich de la chillwave, Elizabeth joue avec les codes du costume masculin pour faire danser les garçons bouche bée. Chacun de ses mouvements est calibré idéalement afin de souligner son timbre lascif, le va et vient de la boîte à rythme et des synthétiseurs. Elizabeth insiste néanmoins sur la dimension spontanée de la performance : « There is always improvisation when you’re on stage, as there is in life. That’s the challenge. To always be ready with just the right words, actions. »
- À force de grand coup de séduction (musicale), Class Actress sort un premier EP sur le très hip label de Chris Taylor, Terrible Records suivi plus récemment de son album chez Carpark. Sorte de gorge profonde cathartique, « Rapprocher » chronique une relation amoureuse passionnée et son terme douloureux. Une analyse peut prendre des décennies. L’écoute du premier album de Class Actress quarante-quatre minutes. En y réfléchissant bien, on ne vit pas si longtemps, soixante dix-huit années en moyenne, autant s’économiser du temps libre avec la thérapie pop d’Elizabeth Harper.
Voilà. Bisous.
Elodie




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