The Feeling of Love

12 juillet 2011

La semaine dernière, j’ai rencontré Stanislas. Il est né en Ukraine mais a grandi à Las Vegas. Stanislas a de grands cernes sous les yeux et beaucoup d’opinions. D’après lui, les groupes pharmaceutiques testent des substances chimiques qu’ils pulvérisent sur la population locale depuis des hydravions (ce qui est assez ironique lorsqu’on y pense puisque le Nevada n’est rien d’autre qu’un grand désert). Stanislas est mon petit Mel Gibson à moi, mon Lars Van Trier de compagnie : c’est un conspirationniste. Des théories du complot, il en existe autant que de paranoïaques. Parmi les plus communément répandues, on ne lasse jamais de la rumeur selon laquelle Paul McCartney serait mort depuis 1966. Au contraire, Jim Morrison se la coulerait douce à Marrakech depuis quarante pile poil. Un coup de la CIA dans les deux cas. Les protagonistes récurrents de ces délires de persécutions sont les organisations secrètes. On dit par exemple que dans les Vosges, une secte punk aurait pris le pouvoir sur la scène musicale et se hisserait à coup de trafic d’influence vers les plus hautes sphères du pouvoir.

Ces templiers à guitares seraient membres de la Grande Triple Alliance de l’Est. Ce n’est pas Stanislas qui a percé à jour ce secret si bien gardé (Note pour plus tard : le sonder sur le sujet), c’est Guillaume Marietta, chanteur – guitariste et noyau dur de Feeling of Love, qui m’a ouvert les yeux. « La Grande Triple Alliance de l´Est est une surface vierge sur laquelle projeter tous ses fantasmes. C’est aussi neutraliser toute pulsion sexuelle chez les jeunes mâles vierges. C’est également une surprise partie chez tes parents un samedi après midi dans le salon quand on ferme les volets pour donner une ambiance club » confie-t-il à demi-mot. Death to Pigs (aucun lien avec Charles Manson), A.H. Kraken, Kania Tiefer, The Feeling of Love, tous ont en commun d’appartenir à ce « réseau secret qui œuvre dans l’ombre » entre la poire et le fromage, l’Alsace et la Lorraine. Fondé en 2006 par Guillaume Morietta, Feeling of Love devient une sorte de mutation génétique de A.H. Kraken lorsqu’il est rejoint par Seb Normal, aussi connu sous le nom de Phil Scrotum, à la batterie. Parce que « Seb, c’est bien », The Feeling of Love parvient à sa forme actuelle lorsque Seb Joly prend les commandes des claviers.

Après une flopé de 45 tours sur des labels chics et chocs, deux LPs, « Petite tu es un Hit » sur Yakisakana et « Ok Judge Revival » sur Kill Shaman Records, le projet solo devenu trio sort un troisième album « Dissolve » chez Born Bad Records dont la kaléidoscopique pochette en dit long sur le contenu. Réalisée comme la plupart de leurs artworks par Sylvie P., « une artiste égyptienne qui vit en France depuis dix ans et que bizarrement nous n’avons jamais rencontré. On a toujours correspondu et nos univers présentent beaucoup de similitude. C’est un peu comme ma sœur jumelle morte à la naissance » explique Guillaume. Songwritting pittoresque et esthétique rugueuse, « Dissolve » flirt avec le krautrock et le garage, avec le sauvage et le psychédélisme. Feeling of Love s’imagine le jouer « en ouverture d’un match des Chicago Bulls, avec un parterre composé uniquement de mascottes à tête de chat et Courtney Love au milieu complètement bourrée qui distribuerait des claques à la volée » devra se contenter pour l’instant de faire le grand écart entre le MIDI Festival et Rock en Seine ce qui n’est tout de même pas rien lorsqu’on y réfléchit bien.

Le Myspace de Feeling of Love
La Grande Triple Alliance Internationale de l’Est
Le complot Marlboro

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1 commentaire à “The Feeling of Love”

  1. Anthony dit :

    Un des meilleurs groupes en Lorraine, et à retrouver en session video sur http://www.funkyoudear.com :)

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