The Konki Duet @ Le Batofar

28 juin 2011

Parfois, la seule évocation d’un artiste nous projette dans le fantasme que nous nous en faisons. On imagine Jacques Dutronc assis sur une banquette jaune moutarde, fumant un cigare dans la pénombre. Il est probable que cette scène ait lieu de temps en temps. Mais avons-nous vraiment envie de la réalité, celle dans laquelle Dutronc se détend au milieu de ses vingt chats ? Alors forcément, lorsqu’on entend parler d’un groupe composé de trois filles qui aiment bien se saper rétro pour poser sur leurs photos, que l’une d’entre elles est japonaise et que leur communiqué de presse est écrit avec des mots rigolos, on se dit que The Konki Duet doit vraiment être trop mignon. On les imagine déjà, Zoé, Kumi et Tamara, se réunir pour le goûter autour d’un cake citron-pavot et d’un thé Marco Polo, peut-être se feraient-elles les ongles en papotant de leurs ukulélés ? Et bien, on se serait bien planté ! « Nous ne sommes pas les Miss Petticoat que nous collions dans les albums panini quand nous étions petites » confirme Zoé. The Konki Duet n’est pas un groupe de filles chics et pops. C’est bien plus que cela.

De sa formation en 2002 à la sortie de « Let’s Bonappétons » au printemps dernier, The Konki Duet en a exploré des contrées exotiques. Sa touche pop arienne a navigué vers une empreinte plus musclée. Chassés-croisés vocaux et montagnes russes rythmiques (déconseillées pour les mauviettes), The Konki Duet surprend tant par ses intentions que par le rendu : « Parfois, on fait du macho disco, parfois du rock héroïque, quoi qu’il en soit ça se passe dans nos têtes, on ne sait pas si les gens s’en rendent compte » explique Tamara. Tantôt multilingue, tantôt onirique, parfois flippant, souvent dansant, le menu de ce troisième album s’écoute entre la poire et le fromage. « Let’s Bonappétons » demande à l’auditeur une qualité parfois trop rare : le sens de l’humour. Pour un groupe de filles, être marrant, c’est assez inédit, un peu comme si des rockers chrétiens allaient en cure de désintoxication, c’est presqu’un contre-emploi. Comme tout gang qui se respecte, The Konki Duet a son signe de ralliement « On ne s’appelle pas honey mais on a un check secret » rigole Zoé.

Sorte de pendant bad ass et français des Pussycat Dolls (pour la forme simplement), les synthés et la classe en plus, The Konki Duet n’est donc pas la configuration Desperate Housewives à laquelle on s’attendait. Mais que se passe-t-il donc en coulisse ? Si elles ne jouent pas aux parfaits petits poneys, que font-elles lorsqu’elles ne sont qu’entre elles ? Se brossent-elles les cheveux à tour de rôle ? « Parfois, on répète chez moi, parfois chez Kumi, parfois dans une vraie cave à rockers. Dans ce cas, on ramène des bières, du vin rouge et du saucisson » confie Zoé. À l’image des personnages d’amazones urbaines à la Death Proof qu’elles se sont créées pour la vidéo de « Planète Sauvage », il ne faut pas plaisanter avec The Konki Duet : « C’était drôle de traverser cette petite ville de banlieue dans notre super bagnole, sur-maquillées et fringuées, à 30 km/h et hors caméra ». Il ne faut pas plaisanter avec The Konki Duet. Sérieusement ?

Le Myspace de The Konki Duet

La Vidéo de « Planète Sauvage »

Plus à propos de : ,

ShareThis

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (3 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...

1 commentaire à “The Konki Duet @ Le Batofar”

  1. milk dit :

    i love these girls & their music

Laisser un commentaire