Ganglians @ La Villette Sonique

2 août 2010

Partons d’un postulat un peu dingue : les Californiens de Ganglians formeraient un panel représentatif de la population. On pourrait avancer comme trouble-fête qu’un panel composé de quatre personnes est plutôt la caricature d’une population qu’une véritable analyse. Peu nous importe. Ganglians n’est pas vraiment ce que nous appellerions un groupe à cheval sur le règlement. À l’image de Ganglians, la population, exclusivement masculine, serait âgée en moyenne de vingt-trois ans et six mois. La Wayfarer de couleur ferait l’objet d’un plébiscite à soixante-quinze pourcents. Les trois-quarts de la population seraient bruns le quart restant, roux (Aux Etats-Unis il est estimé que seuls deux à six pourcents de la population se réclament Ginger). Cette tendance 75/25 se retrouve aussi dans l’origine géographique (majoritairement de la banlieue de Sacramento) ainsi que dans la projection professionnelle (Kyle, proposé chant et guitare au sein du groupe nous confiera : «  I am a full fledged pizza dude as well as Alex. Adrian is a retreat care-taker. Ryan is a space cadet »). La vérité, c’est que Ryan, tête pensante dotée de deux yeux seulement, passe sa journée à imaginer de nouvelles fantaisies pour le groupe et à les enregistrer sur son téléphone portable.

C’est ce panel de la population américaine que nous rencontrons avant leur montée sur la scène du Parc de la Villette. Ils viennent présenter leur nouvel album, « Monster Head Room » dont la pochette est à l’image du groupe, un monstre aux yeux multiples. Ceux de la presse avant tout qui n’a pas hésité dès la première écoute à crier à un renouveau de la pop ensoleillée des Beach Boys : « I think we all knew when we were recording ‘Monster Headroom’ that people were going to be saying that. I mean, when we first all met, we were all super into ‘Smiley Smile’ and ‘Pet Sounds’. But really, it’s just Ryan’s love for beautiful, angelic harmonies that people automatically associate with the Beach Boys that gets us that label ». Si le résultat de cette influence matinée d’une esthétique psychédélique, punk et folk à la fois, il est aussi symptomatique de leur emplacement géographique. Ganglians est californien, mais Sacramento est à près de cent-cinquante kilomètres de la côte, alors la plage, les vagues appartiennent plus au fantasme qu’au quotidien. Attention, les trois visages poupins qui entourent leur chanteur à la longue chevelure blonde vénitienne n’ont rien à voir avec une version érodée par les rayons du soleil des gentils surfeurs de votre adolescence, peut-être du côté de Hossegor, qui vous invitaient à les écouter jouer de la guitare autour d’un feu de camp : « In Rome. Ryan got so drunk because we were in this giant venue playing to only four people, so he knocked over all his equipment in the middle of a song. Then Brandon from the Crocodiles said it was an Iggy Pop moment really punk rock. I guess that made it a little better ».

Les yeux de « Monster Head Room », ce sont aussi ceux du public et ils sont dorénavant beaucoup plus que huit. Certains les ont analysés sur la scène des découvertes Pitchfork du festival Primavera. D’autres s’apprêtent à les scruter à la Rock du Rock. Comme dans les délires d’un voyage aux vertus tant psychédéliques qu’aux désagréments paranoïaques,  « Monster Head Room » affiche plusieurs niveaux d’écoute. Alors que j’avance la comparaison avec la structure en tiroirs d’un épisode de South Park, Kyle ne nie pas : « I suppose there’s a second level of underlying meaning that is more easily accessed when high. But then again, I can’t stand cartman’s voice when i’m stoned ». Il faut dire que Ryan, dans une interview accordée à Libération du 31 mai 2010 avait légèrement ouvert la voie en rapportant comment il avait découvert la voix des anges que le groupe s’est évertué à reproduire : en jouant défoncé à Mario Kart. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse disait Pascal. Au fait, l’avatar favori de Ryan est sans surprise Mario, Kyle est abonné à Koopa Troopa, Alex à Donkey Kong et Adrian à la Princesse. Chouette, moi c’est Toad, je pourrai jouer avec vous ?

Le Myspace de Ganglians.

Pour regarder South Park.

Plus à propos de : ,

ShareThis

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (4 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading ... Loading ...

Pas de commentaire. Laissez le votre !

Laisser un commentaire