1990s @ La Maroquinerie

17 septembre 2009

S’appeler 1990s, quand on donne dans l’indie écossaise, c’est un peu comme choisir ParisRocks comme pseudo : une grosse blague !

Acceptable in the 90s.

Nous avons vu cela la semaine dernière, les années 80 ont fait leur retour il y a cinq ans, à grand renfort de fluo kids et de synthétiseurs. Il est donc parfaitement logique que ce soit au tour des 90s de revenir sur le devant de la scène. Alors que la chaîne américaine CW commande à la pelle des épisodes des spin off de Melrose Place et Beverly Hills 90210, American Apparel commercialise à nouveau les tristement célèbres scrunchy – les chouchous – et la Doc Marteens fête son retour dans la garde-robe des modeuses, non sans une légère inflation (de 50% tout de même, passage à l’euro oblige). En fait, il n’y a que trois mecs sur la planète Terre que le retour de cette décennie n’excite pas, ce sont euh… les 1990s.

1994 killed the indie star.

Avant de les rencontrer, j’ai défini une année, qui m’a semblé charnière, 1994. Pourquoi l’avoir choisi ? Peut-être parce qu’elle fut l’année de mon entrée dans le groupe d’age merveilleux des teens, celle où j’ai commencé à ouvrir grand les yeux hors de la cours de recréation, celle où on a eu canalsat à la maison et où j ai découvert les Unplugged de MTV, celle où Kurt Cobain s’est tiré une balle en pleine poire. Les 1990s acquiescent, 1994 fut une année charnière, celle où tout parti en vrille pour le rock et dans le monde. C’était à partir de cette année qu’il fallut choisir entre Friends et Seinfeld, entre Calvin Klein et Versace, entre Kate, Naomi et Cindy, entre Monica et Hillary. La désolante Brit Pop, le système des majors, rien ne semble plus aller d’autant que les 1990s cette année-la, ils quittent les teens. Alors de nouveaux défis s’ouvrent à eux : leur vie en fait.

« The kids aren’t alright »

Alors que Michael passait son temps libre à grimper d’arbre en arbre, Dino était lui aussi un enfant solitaire, probablement parce que, sans le savoir, il était atteint du complexe de Salieri (comme le compositeur qui ressentait un complexe de supériorité vis-à-vis de Mozart du fait de son excellence technique et de son âge, tout en étant profondément jaloux de son génie). Depuis qu’il avait vu une vidéo de David Bowie période « L’homme qui venait d’ailleurs », Jackie se plaisait à s’imaginer dans ses pompes, à s’inventer des scénarios. Pas vraiment star du rock, pas vraiment star de cinéma, quel que soit l’impact de cette « chose » sur la société, c’est ce qu’il voulait être. Au moins dans ses fantasmes d’enfant. Bref, un peu comme le renard du Petit Prince, les 1990s, enfants, n’étaient pas faciles à apprivoiser.

« Le chaos règne » dit un autre renard.

Nous le disions plus tôt, 1994 fut une année importante. Mais pour les 1990s, son impact fut assez négatif sur l’industrie qui nous concerne. C’est le point culminant de tous les genres musicaux, avant la réduction à néant. A leurs yeux, à compter de 1994, la musique a pris une tournure lucrative pour de nombreux groupes, leurs pupilles se sont transformées en petits dollars, et tout le monde s’est mis à faire un nouveau genre, un non-genre en fait, l’alternative, sorte de fourre-tout plus ou moins harmonieux et cohérent. Et puis, l’expérimentation est devenue de plus en plus crainte, les groupes se sont multipliés parce que la matrice – l’industrie – voulait en croquer toujours plus, ils sont devenus frileux, de peur de se faire rhabiller pour l’hiver et de disparaître à leur tour. Un jour, comme dans les prophéties mayas sur le 21 décembre 2012, le chaos va vraiment régner et l’industrie implosera. Quatre-vingt-dix pourcent des groupes seront anéantis par l’apocalypse.  Espérons que les dix pourcent survivant proviennent du haut du panier…

« Our name has no relation to the decade. We were called the 1960s at first because it’s more of an influence for us. Then, we thought, if we’d name the band the 1990s, that’s even less cool. That’s stupid. Sort of like a Jeff Koons artefact, random ». Jackie McKeown.

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1 commentaire à “1990s @ La Maroquinerie”

  1. Cedric dit :

    It rocks ! ;)

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